2/ retrouver des morceaux de mémoire

Je me réveille paniquée. Le trou noir. Le réel trou noir. L’angoisse.

Pourtant un souvenir très précis de rentrer  au  123 de la rue Royale. J’achète une bière au bar. La musique bat son plein. Un Chinois habillé en fille fait des mines d’opéra sur un rythme d’électro. Je danse, je me sens bien. Et là, c’est le trou noir.  Pas un seul semblant de souvenir, non. Le vide. Portion de temps où tout s’arrête, où l’image se met sur pause alors que le film continue où on sort de l’écran et où tout peut se passer. Ce soir là, je me suis fait droguée. 

Obsédée de savoir, obsédée de reprendre le contrôle.

 Et voilà, que plusieurs mois plus tard, une amie présente ce soir-là, me montre une pellicule retrouvée. Le choc. Des photos de ce 26 mai 2012.  Je me vois là, rigoler au milieu de gens que je ne connais pas, puis par terre presque morte. Un autre indice pour reconstituer le puzzle. Examiner chaque photo, chaque détail devant cette amnésie. 

 Photos retrouvées de Juliette Breig Kral.

 

 

 

 

 

 Il y a nous et lui, on le surnommait l’homme grenouille.

 

 Le gel des sentiments, la terreur du silence. Surtout pas de questions sur le passé pour mon arrière grand-mère Marie. L’impossible à transmettre.

Et pourtant, une révélation.

Jovial, insouciant, amoureux. Premiers qualificatifs que j’entends à ton sujet. Homme grenouille, homme enfant, qui es tu vraiment ? Un officier, un père écarté de son enfant. Peut être étais ce mieux ? La culpabilité, la honte de l’autre côté_ tu étais étranger. Comme il n’est pas bon d’avoir une relation extraconjugale durant  la guerre alors avec un allemand... Trahison. L’ennemi censé du peuple.

Homme grenouille, fantôme de la famille, quel est ton nom ? Quelle est ton histoire ? N’as-tu jamais pensé à ta fille au moins secrètement ?

Une ancienne élève de Mr Velghe vient de nous rappeler un fait que s’il se passait maintenant, conduirait certainement l’instituteur au tribunal. Un jour où elle parlait beaucoup, elle reconnait elle-même qu’elle avait une langue bien pendue- n’obtempérant pas aux injonctions de silence répétées plusieurs fois par l’instituteur, celui-ci lui avait mis une pince à linge au bout de la langue. Bien gênée, honteuse de baver comme un bébé, la leçon avait servie !

Retourner sur l'endroit même.

Dans la rue des héros, au 39, la famille de Jules Guillaume, puis à partir de 1925,26, Alexandre Detournay  puis son fils Félicien tiennent une ferme bien placée au centre du village. Sa femme vend beaucoup de ses produits directement au particulier. Luc le fils leur succédera, comme fermier, mais la ferme étant trop petite, il fera le métier de plombier. 

La corrida de l'amour.

Evènement unique à Henripont : Un sanglier tué dans le bois de la Houssière a été  ramené chez le garde-chasse Arthur Dupont. Moyennant le paiement d’une mastoque (5 centimes) on pouvait aller le voir. Comme il n’ y avait pas d’élevage ni de parcs à sangliers, tout le village a défilé…

Pendant le mois de juillet 1942, Georges Jacqui vient cueillir des cerises chez nous et mon père, le considérant comme un des meilleurs cueilleurs de la région, lui demande de bien vouloir m’apprendre tous les petits trucs qui permettent d’augmenter le rendement. Heureusement car quand on travaille ainsi en équipe de six ou sept hommes, il yen a toujours qui lorsqu’on commence lance en boutade : « Qui’s quera el premi es kertieien pleiin ? (Qui aura en premier le panier plein?) et on est bien gêné quand on est débutant de n’avoir cueilli qu’un demi panier alors que celui des autres est déjà plein ou presque.

l' homme grenouille

premier pic

départ

dans l'ombre de sa personne

poursuite ratée

désir

tentative échouée

coup de grâce

tentative approuvée

mise à mort

1/ photos retrouvées

L'hypnose comme moyen de reconstruire le puzzle.

Développé avec Berta.me